L’assiette de l’autre

du vécu! des leçons de vie à admirer ici

Couleurs du temps et mouchoirs en papier

Ma pauvre sorcière se traîne depuis quelques jours, dans les brouillards d’un début de rhume ou au moins d’un bien coup de froid. Quand on en pense qu’elle est allée la semaine précédente sillonner la forêt d’Orléans sous la pluie, et qu’elle en est revenue en pleine forme! Elle a pris froid en faisant ses achats pour les fêtes de fin d’année. Heureusement son chevalier l’a soigné et moi je me suis occupé de la soutenir, je fais très bien la bouillote. On dirait qu’elle va mieux, j’ai fait du bon boulot.

troene

Ma sorcière m’a dit : « Surprise Goodfellow, mon cher chaton, tu es noir et blanc, tu es blanc et noir. La chose est avérée, tu viens me voir, portant ton sombre petit masque de bandit, portant comme des bijoux tes interminables vibrisses blanches.

Noir et blanc, mais pas comme le jour et la nuit, la lumière et l’ombre. Ces histoires de lumière et d’ombre n’ont pas beaucoup de liens avec tes couleurs mon petit chat, c’est une autre histoire.

Non, tu es blanc comme est blanc le fond de notre oeil, tu es noir comme la pupille de ce même regard.

Tu es blanc comme les fleurs du poirier au printemps et tu es noir comme ses branches à l’automne. Tu es blanc comme les dernières pâquerettes et tu es noir comme les feuilles du dahlia qui ont connu la morsure du premier froid.

Tu es blanc comme les nuages qui courent dans le ciel et noir comme le merle qui s’envole. »

Ma sorcière m’a dit : « chat, tu es un coquin! Tu laisses des poils blancs sur mes pulls et tu laisses des poils noirs sur mes coussins. Tu viens la nuit me chatouiller le visage avec tes moustaches. Tu attends que je sois assise pour vouloir sortir ou rentrer, d’ailleurs pour vouloir changer de côté de la porte. »

Et puis ma sorcière m’a embrassé et j’ai eu droit à un rab’ de croquettes.

novembre 2008

L’Automne

Il est revenu avec ses rayons de soleil rasants, ses petits vents frrrrrrais, les étourneaux sur les antennes et les feuilles qui s’affranchissent de la chlorophylle. Je sais, sans hésitation, que l’automne est revenu : je trouve enfin les nids de merle « cachés » à 1 mètre du sol. Trop fort, les bêtes à plume, impossible de trouver les nids avant qu’ils ne les désertent.

Ce qui est chouette, c’est les petits coins au soleil et à l’abri des courants d’air, là on peut vraiment jouer à chat.

[Petite parenthèse pour laisser le clavier à ma sorcière :

Ça alors! j’ai été taguée! Sacrée Faellounette, même si je ne suis pas fan de tout ce qui ressemble à une chaîne, je veux bien jouer le jeu et donner 6 de mes manies :

1- je mâchouille l’intérieur de mes joues lorsque je suis concentrée ou perturbée

2- je ne supporte pas les étiquettes dans les vêtements et je les traque avec mes ciseaux, parfois au péril des coutures, parce qu’à des fois j’insiste d’un peu trop près sur ces espèces de *** de *** de fils plastiques qui piquent ou qui grattent.

3 – sur les trottoirs, je ne marche ni sur les grilles ni sur les plaques, une quasi-phobie navigant entre le souvenir de gamelles spectaculaires et autres glissades par temps humides et une vague angoisse de la bête tapie qui va vous attraper les chevilles et vous bouffer dans la cave  aaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhh! quelque chose comme ça.

4 – j’appelle toujours Surprise : « chaton ». Bien qu’il soit adulte c’est toujours le pauvre petit chat perdu qui m’a adopté il y a exactement 10 ans aujourd’hui.

5 – j’arrache les films plastiques sur les écrans de téléphone portable, les télécommandes … ça m’énerve presque autant que les housses en plastique sur les meubles.

6 – allez! une « hard » pour finir : je plie les pages de mes livres pour garder la marque, et quand je dis plier, ce n’est pas le petit bout du coin de la page, non non, c’est la moitié de la page. Comme je ne suis pas totalement perdue pour la civilisation, je réserve ce traitement aux livres de poche, en tout cas j’essaie au maximum d’éviter de le faire sur les livres qu’on me prête. Si, j’essaie, d’aboreuuuuuuuuuuuuuh!  ]

Retour de vacances

Bonjour me revoilà, cette fois ça y est les vacances au vert sont finies. C’était le jour idéal  pour le départ car aujourd’hui, oui aujourd’hui même, c’était le premier vol de la première couvée des hirondelles. Autant dire un  événement épuisant. Il nécessite une logistique sans faille de la part de tous les parents hirondelles du village, qui, sans que nous ayons pu soupçonner quoi que ce soit, ont emmené dans le ciel leur progéniture pour leur premier vol. Tous les fils (électricité ou téléphone) ou rebords suffisamment en hauteur ont été nécessaires à la réussite de cet « happening » étourdissant où toutes les nichées s’entrecroisent comme des fanfares prises de folie qui défilent sur les stades américains. Le ciel tout entier n’est plus qu’un cri d’hirondelle : encouragements, protestations et autres refus de priorité. Les couloirs aériens au-desus du village sont complétement saturés pendant un temps incroyablement long de quelques minutes, et puis tout se calme. C’est la pause pendant laquelles les petites hirondelles réalisent qu’elles savent enfin voler, finie la consigne dans le nid, elles auront enfin le droit de dormir sur les clous le long des poutres du chais dans un équilibre instable! Et alors, elles s’élancent à nouveau pour goûter au plaisir des loopings, acrobaties et « woaw! t’as vu comme je ne suis pas rentré dans le mur! », avec quelques pauses repas organisées par les parents. Reposez-vous bien petites hirondelles, demain il faudra apprendre à attraper vos repas et aussi … de savoir que ces oiseaux rapides ne sont pas des amis et que si nous, les chats, vous lançons de tels regards éperdus, ce n’est pas toujours pour la beauté de votre vol. Moi, je retourne à mon bol de croquettes et à mon fauteuil citadin, histoire d’admirer  les pigeons en digérant  tranquillement.

Mars 2008

Le dernier weekend du mois de mars, j’ai fêté mon dixième anniversaire ! bon c’est un peu approximatif : quand j’ai rencontré le vétérinaire la première fois, il a déclaré que j’étais né fin mars/début avril au vu de la grandeur des dents que j’essayais de planter dans son bras. Le temps passe mais je ne me plains pas : la vie est tranquille, il y a des voyages régulièrement à la campagne, là-bas des amis chats m’attendent pour jouer, chasser dans le jardin ou dormir sur les bottes de paille et dans les chambres, ma sorcière s’occupe de moi et m’aime, son compagnon est plus que sympathique (même si je dois les partager avec Pipo : nous avons une garde alternée de nos humains) et j’ai toujours des croquettes dans mon bol.

Je suis content d’être né au Printemps, il se passe des tas de choses intéressantes à cet saison : par exemple, au jardin, il y a une taupe qui fait courir les humains avec une brouette et une pelle pour récupérer la terre qu’elle évacue joyeusement au milieu de l’herbe qui repousse. On reconnait le trou de taupe du printemps à la pâquerette triomphante qui fleurit à côté et au fait que l’herbe est plus courte que ses feuilles. Il parait que la taupe ramène non selon de la terre mais aussi les cailloux cachés dans la terre et que leur maudite tondeuse n’aime pas mâcher les cailloux en coupant l’herbe. Donc ça ronchonne et ça récupère pour le tas de terreau, en fait j’aime bien car cela fait me des toilettes d’extérieures très confortables et je ne risque pas de me faire poursuivre pour un malheureux gratouillages dans des semis tentateurs.

Ce qui est bien aussi au mois de mars, c’est le grand nettoyage autour des jeunes arbres et des parterres , le drôle de personnage qui manie la faucille c’est ma sorcière toute enturbannée qui nettoie un carré (magique bien sûr) de jeunes érables sycomores et là c’est moi qui surveille l’avancement des travaux.

J’aime aussi goûter l’herbe verte et admirer les premières fleurs.

Mais il reste encore plein de cachettes à explorer sous les massifs d’arbustes plus anciens et des touffes d’herbes qui cachent l’entrée des tunnels des souris.

Bof bof bof

le temps est bof, les radiateurs pas très convaincus de leur mission rendent les pièces à peine agréables, vive ma couette ! Du haut de mon 3me étage par une des fenêtres je peux apercevoir les mannequins décapités qui hantent les vitrines des magasins en bas, brrrrrrrrrr z’ont pas l’air d’avoir très chaud dans leurs mini-jupettes et leurs petits hauts à bretelles, les pauvres ! en plus elles n’ont même pas de chaussures!

 

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Bon voyage

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A Dame Bibiche, fidèle et vaillante biquette, je souhaite un bon voyage. Que tes petites pattes te conduisent vers les Iles Bienheureuses, au milieu des vergers où tu pourras croquer les pommes que tu as toujours aimées, que les habitants du Pays de l’Eté te soient doux et qu’ils aient toujours un petit bout de pain ou de carotte dans leurs poches pour toi et un geste tendre. Que tu puisses rejoindre tous les animaux qui ont vécu heureux ici et qui continuent à veiller sur nous. Adieu petite chèvre qui nous a quitté pour Imbolc.

 

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